mercredi 19 janvier 2022

Sumo

Avant de reprendre mon clavier et vous reparler de créations, je profite de cet article qui est encore écrit en janvier pour vous souhaiter une belle année, ou tout du moins, aussi belle que possible...

Ne vous méprenez pas, je ne prends pas la résolution de publier plus régulièrement... car je sais qu'en général, la seule résolution que je sais tenir est celle de ne pas en prendre :-D


La création que je vous présente a été faite aux alentours de l'année dernière, chez moi et non à l'atelier où je pratique... et pour cause, l'atelier était fermé pour la raison que tu devines sans peine (c'est comme le méchant dans Harry Potter, je n'ose pas prononcé son nom!)
Bref, l'année dernière, le thème était le sport, et Laura nous avait proposé de faire des bustes de sportifs. Elle nous avait fait une petite démonstration de buste de danseuse, mais forcément, je n'ai pas pu m'empêcher de me creuser les méninges pour trouver une idée de buste qui sorte un peu du classique danseuse ou gymnaste aux abdos un peu trop parfaits.
Bref, j'ai finalement pensé à faire un buste de sumo. Comme je ne savais pas trop dans quoi je me lançais, j'ai commencé à chercher des images pour avoir une idées des proportions et des volumes.
Cependant, il n'est pas toujours évident de se représenter une figurine dans l'espace quand on a un modèle en 2D... mais j'avais réussi à trouver une photo d'une sculpture prise de différents angles.
Je me suis inspirée d'une des créations de Alexandra Gestin, et notamment d'une de ses figurines de sumo.

Je peux vous dire que faire ce buste n'a pas été facile! Les proportions ne sont pas usuelles, et il faut pouvoir donner le rendu de cette chair sur le corps...
Bref, au départ, mon sumo avait plus des allures de femmes enceintes que de sumo !
Jugez par vous-même :



Honnêtement, rien ne me convenait ! Je ne sais plus combien de fois j'ai effectué des opérations drastiques : enlever la tête, changer sa position, épaissir les bras, enlever la poitrine, ajouter des cuisses...
Bref, j'en ai passé des soirées à observer, faire, défaire, observer, refaire...

Puis, je suis arrivée à ce résultat qui me satisfaisait. J'ai pris soin de marquer une différence de texture au niveau du mawashi (le vêtement du sumo) et de texturer au mieux les cheveux.
Bien évidemment, le corps est creux pour éviter des explosions à la cuisson.




Ensuite, il a séché tranquillement avant la première cuisson. Reste la fameuse question du choix des émaux! La terre que j'ai utilisée pour cette réalisation a naturellement une couleur beige assez forte.
Je voulais aussi garder voire accentuer le contraste de matière.

J'ai donc ajouté un oxyde de manganèse au niveau des cheveux pour qu'ils noircissent, et ajouté un jus d'oxyde de fer rouge sur le corps, pour apporter des nuances sur le corps. Pour finir, j'ai ajouté un bel émail satiné sur le vêtement restant dans des tons en harmonie avec le reste.
Evidemment, il faut toujours faire une petite prière au dieu des fours avant la deuxième cuisson... :-D

A la sortie du four, j'étais vraiment contente du résultat !
Le voici !











mercredi 29 septembre 2021

"T-asson"

Cela faisait longtemps que je n'avais pas écrit d'article, ni fait de jeux de mots de bas étage ou presque. Je vous présente une "T-asson", unique en son genre. Il s'agit d'une tasse que j'ai créée spécialement pour la professeur de basson de mon fils... Vous comprenez maintenant le "T-asson" ? :-)

Avant de parler de la tasse, avez-vous une idée de ce qu'est un basson ? A vrai dire, lorsque mon ainé a choisi cet instrument, je ne savais pas bien à quoi m'attendre. Il s'agit d'un instrument à vent pouvant aller aussi bien dans des aigus que dans des graves intenses. Le mieux est de voir (et d'écouter!) la présentation de l'orchestre de Paris : 



Cet instrument est assez grand et est composé de plusieurs parties qui se montent et se démontent. La partie supérieure du basson s'appelle le bonnet. L'extérieur de cette partie peut-être légèrement différente d'un basson à un autre, et j'avais demandé à la prof si je pouvais avoir une photo du sien :



A partir de cette photo, j'ai essayé de tourner une forme en tachant d'être au plus proche du profil de ce bonnet. Je pensais que cela serait assez facile à tourner, mais en réalité, cela fut beaucoup plus dur qu'imaginé. En effet, les premières formes tournées ressemblaient plutôt à des pots de fleurs qu'au profil du basson de bonnet que j'essayais. Ce n'était pas moche à proprement parlé mais ce n'était pas le but recherché. Je les ai entouré en bleu dans l'image ci-dessous.



Mais j'ai persévéré, et j'ai enfin réussi à faire un profil s'y approchant avec même le petit liseré.



Une fois la forme faite, il a fallu choisir l'émail ! C'est toujours un peu compliqué... Je savais que je ne trouverai pas d'émail avec un effet métallique argenté s'approchant du bonnet du basson de la prof. Alors, finalement, j'ai joué sur 2 émaux : un émail plus sombre et d'une couleur rappelant le bois de palissandre dont est composé le basson et une autre différente pour rappeler la couleur argentée.

Finalement, voici ce que cela a donné :






J'espère qu'il coule de jours heureux auprès de sa propriétaire et qu'il a la chance d'écouter de jolies mélodies...

mercredi 7 juillet 2021

Ecorces

Pour une fois, je garderai un peu pour moi les étapes de fabrication des pièces que je vais vous montrer et que j'appelle "Ecorces". 

La première de ces 2 créations est née lors d'un weekend du premier confinement, où je manipulais la terre sans avoir de vrai but en tête, mais en me délassant, en triturant, en observant la matière et puis, je ne sais comment, un aspect particulier m'a attiré et l'idée de se rapprocher du visuel de l'écorce d'un arbre m'ait tombé dessus. Il faut dire que depuis presque deux ans je côtoie un chêne centenaire pour lequel j'ai eu un coup de cœur, et parfois, je l'avoue, je touche son écorce et ai presqu'envie de lui parler come on parlerai à un vieux sage ;-)

Ma première création était tout petite, conçue plutôt comme un prototype: je ne savais pas trop si ce que j'avais fait passerait correctement les épreuves du feu.

Mais au final, cela a bien marché.

Le premier prototype avant la première cuisson : 


Et une fois cuit, voici le résultat :



Et voici son grand frère après la première cuisson. Pour celui-ci, outre des dimensions plus grandes, j'ai aussi réalisé une meilleure finition pour le bord.



Et avant de vous parler de la partie émaillage et des dernières photos, un petit clin d'œil avec la photo d'écorce d'un arbre :-)


Reste la partie que je trouve toujours délicate : celle de l'émaillage. Je voulais que la matière de la terre ne soit pas effacée par la couche de l'émail. J'ai utilisé un émail, mais aussi un oxyde... Et puis, comme souvent, une petite prière au dieu des feux :-D



J'ai d'abord émaillé le petit prototype... Le résultat n'était pas mal...
Puis j'ai tenté de faire un peu différemment pour la deuxième création. Le résultat était tout aussi différent.

Vous devinerez entre ces mots, qu'en perfectionniste que je suis, je trouve ces émaillages bien, mais je n'ai pas encore réussi à trouver un aspect qui puisse me satisfaire pleinement...
Alors, je compte bien refaire d'autres réalisations de ce type !

En attendant, voici ces créations finies, que j'imagine bien en joli cache-pot pour des plantes !
J'espère que ça vous plait autant que moi !