samedi 10 octobre 2015

Ma peine

Je n'avais pas trop l'intention de m'épancher sur ma peine personnelle qui me traverse moi et ma famille depuis la fin de l'été. Parce que, justement, c'est très personnel.

Mais il y a eu une goutte d'eau de trop. Celle qui fait que ça vous met de la rage et beaucoup de peine dans le cœur. Celle qui fait que je me dis que poser les mots m'aidera peut-être à évacuer tout cela. Peut-être.

Il faut, pour que vous compreniez, que je remonte un peu au début... au fond des choses douloureuses. Mon Papa est décédé début septembre. Ça a été extrêmement rapide. Le cancer nous l'a pris en a peine un mois. Les médecins nous ont dit que celui du pancréas était un des pires. Nous avons pu parler un peu avec lui avant qu'il s'endorme éternellement. J'ai versé mon lot de larmes, alors que je voulais rester forte devant lui pour ne pas lui faire de peine. J'ai pu prendre ma plume et partager avec lui un petit paquet de souvenirs qui trottaient dans ma tête. Il venait de fêter ses soixante ans, un beau chiffre, tout rond, comme ma Maman. Ma sœur et mon frère et moi voulions leur offrir un petit week end en amoureux... mais nous n'avons pas eu le temps.
Et puis, le quotidien reprend le dessus peu à peu, le temps panse les blessures et on fait ce qu'on peut pour être là le plus possible pour ceux qui restent. Les souvenirs restent aussi. Son sourire gravé à jamais dans ma mémoire, son humour et son rire, entre autres choses.

Et voilà que, cette semaine, ma Maman m'appelle : son logement a été cambriolé. En plus de 20 ans de domiciliation au même endroit, c'est la première fois. A la peine s'ajoute la colère et la conviction que ce n'est pas arrivé par hasard. Un ou des "pro" qui dégonde une porte fenêtre sans problème, qui prend la peine de pousser un meuble près de la porte d'entrée pour avoir le temps de prendre la fuite "au cas où". 
Le constat amer de retrouver des papiers partout. 
Les amis essaient de consoler en disant que, heureusement, rien n'a été vandalisé, que ma Maman n'était pas là à ce moment. 
La rancœur de constater que ce qui est pris c'est le PC de ma Maman avec des données et des photos auquelles elle tenait, et évidemment d'autres bijoux avec une valeur affective certaine. La montre de mon Papa est partie aussi... un des objets auquel ma Maman tenait beaucoup. J'imagine parce que c'est la mesure du temps qui passe, mais surtout parce qu'une montre, c'est un objet qu'on ne quitte jamais ou presque... c'était un souvenir de lui, un vrai beau souvenir.
La colère de constater que les officines de pompes funèbres affichent les faire-part avec les adresses dans leur devanture... et se dire que ce n'est pas un hasard. 
Et la tristesse de savoir que la police ne pourra pas faire grand chose: c'est si facile à écouler de l'or et un PC...
Chercher sur le net, au cas où, mais en sachant parfaitement que c'est vain.

Par dessus tout ça, la colère et la peine immense de savoir que sa Maman aura encore un peu plus de peine à porter, alors que justement, elle commençait à peine à aller un tout tout petit peu mieux.
L'envie incommensurable de retrouver ce type et de lui foutre un coup de genou "là où je pense", de lui souhaiter le pire, parce qu'au fond de moi, je trouve que c'est manquer d'humanité que de faire ça.

Et puis attendre.
Attendre que la colère passe, cette colère qui ne fait que cacher une peine immense. Cette colère qui rouvre béante les plaies encore fraîches de la disparition de mon Papa.
Et essayer de se convaincre pour se consoler, que le plus important c'est de bien garder au fond de soi, tous les souvenirs que l'on a. Se rappeler son sourire et ses pattes d'oies au coin des yeux, sa manière de bougonner quand il était un peu fâché ou qu'il n'arrivait pas à faire quelque chose, son humour que Maman ne comprenait pas toujours et qui me faisait aussi sourire. Les derniers moments aussi, où on se dit les choses qu'on ne dit pas toujours assez. 

Essayer de se persuader que c'est bien là le plus précieux, même si on a dû mal à s'en convaincre soi-même.
Et beaucoup penser à sa Maman. Très fort. Peut-être plus qu'elle ne le pense elle-même.

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13 commentaires:

  1. Bon courage je connais bien cette douleur interne qui peut durer longtemps et que personne ne peut soulager. Faut essayer de garder les belles images et surtout pas les stigmates de ce satané crabe...

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  2. "Ton papa n'est pas parti" mais "ton père est mort". Changer les mots n'atténue pas la douleur. Au contraire.

    J'ai perdu mon père du crabe alors que j'avais 26 ans. Celui du pancréas (pas le père, le cancer) est terrible.

    Toutes mes condoléances et mon amitié.

    Et bien du courage pour le reste.

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    1. Oui, il est décédé. D'ailleurs, bizarrement je préfère ce mot à "mort" et c'est vrai qu'il est plus réaliste que "parti". Je crois que ça me fait moins mal ce mot là, mais peut-être ai-je tort.

      Merci pour ton mot.

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  3. Courage.
    Je suis triste pour toi et ta famille.
    J'espère que tu retrouveras vite le sourire en pensant aux meilleurs souvenirs.

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    1. Merci pour ton mot et ton passage.
      J'avoue que ça peut paraître débile mais ce vol passe très très mal. L'idée que qqun d'autre soit passé et puisse porter la montre de mon père et tout ça me porte atteinte plus que ce que j'aurai pu imaginé.

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    2. Tu as raison de fixer ta colère sur ce vol de montre. C'est salutaire quand on a l'impression de ne pas pouvoir gérer les événements.

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  4. J'en ai eu les larmes aux yeux. La peine d'un décès, on s'en remet peu à peu. Mais un cambriolage, c'est tellement injuste, surtout dans ces conditions. Je comprends ta colère.
    J'espère que tu retrouveras ta sérénité et pour ça je te fais pleins de bises réconfortantes.

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    1. Je prends volontiers tous les hugs et bisous réconfortants...

      Je suis touchée par ton petit mot et je ne pensais pas t'émouvoir à ce point.
      Merci beaucoup d'avoir pris le temps de m'écrire un petit mot.

      Bizzz aussi

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  5. Bon courage. Ton billet est triste et très touchant.

    Il est aussi révoltant. Certains sont des monstres.

    Bisous

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    1. Merci.
      Merci simplement d'être passé ici pour laisser une petite trace. Comme je disais à des collègues, les mots peuvent sembler dérisoires, mais ils peuvent porter beaucoup quand même.

      Quand j'ai écrit ce billet, c'était devenu quasi vital et je l'ai écrit presque sur un coup de tête, en une seule traite... C'est peut-être pour ça qu'il touche plus que ce que j'aurais pu imaginer: il vient du fond de moi, sans filtre ou presque.

      Oui, des monstres ! Moi, je parlais de salopards et de connards quand j'ai appris la nouvelle...

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  6. Ton papa n'a besoin de rien là où il est maintenant, sinon de ton amour.
    C'est ta maman qu'il va falloir entourer d'affection. C'est si dur de se rendre disponible dans nos vies si remplies.
    Quelques minutes par jour. Cela te fera du bien.
    Et sinon il y a les amis et les cocktails pour se recharger.

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    1. Oui, entourer sa Maman le plus possible...
      Et avoir ses amis pas très loin, au moins en pensées...
      Et je ne suis effectivement pas contre des cocktails... mais toujours partagés !

      Biz !

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