vendredi 24 septembre 2010

De la poterie? Comme dans "Ghost"?!!

Souvent, c'est la première réaction des personnes qui découvre que je fais de la poterie.
NON ?!!... Ne me dites pas que vous faites partie des personnes qui ne connaissent pas la scène sensuelle (quasi torriiiide !) du film Ghost (1990) où Demi Moore tente de faire une pièce au tour avec Patrick Swayze très entreprenant à ses côtés...
Bref, c'est presque ça ... mais pas tout à fait...

Petit tour d'horizon de cet art ancestral...

Petit pot de grès, comment te fabrique-t-on?
Avant de devenir petit pot, il s'agit d'un petit tas, une boule de terre de consistance semblable à de la pâte à modeler, à cela près qu'elle boit beaucoup (mais elle reste sobre).
Elle subit un premier traitement de choc : elle est tapée, battue, frappée et maltraitée pour enlever les petites bulles d'air qu'elle pourrait contenir. C'est une étape parfois jubilatoire après une sale journée de travail !

"petite" production de (63) petits pots à dragées
 
C'est parti pour le tour ! Tournicoti, tournicoton !
La première mission du potier face à cette boule de terre consiste à la centrer sur la girelle afin que "ça tourne rond". Ça a l'air de rien dit comme ça, mais c'est vital. Sinon, ça danse et, en général, ça finit par partir "en live". Dans le pire des cas, une partie du pot vole littéralement et s'étale mollement par terre...
Une fois ce "combat" mené à bien (qui a dit que je ne faisais pas de sport ?!!), le potier (ou la potière) réalise son objet, parfois non sans mal... (c'est ma maigre expérience d'amatrice qui parle...)
Le pot ainsi créé a droit à un repos bien mérité, histoire d'évacuer, non pas le stress subit (encore que ?), mais toute l'eau bue durant sa fabrication.

Séchage et feu !
Après avoir la "consistance du cuir", le pot peut être tournassé, une anse peut être ajoutée, etc... Une fois bien sec, le pot, très fragile, est bon pour son premier baptême du feu : la cuisson au four à environ 980°C. Sortie du four, la pièce est dite "biscuitée" (mais ça ne se mange toujours pas...). Cette étape permet aussi de savoir (mais trop tard) si les bulles d'air sont bien absentes de la pièce... Sinon... bah, sinon... PAF! c'est cassé...

Une prochaine fois, je vous parlerai de l'émaillage, une étape magique pour donner couleur et brillance (non, il ne s'agit pas de shampooing...) 
Et promis, je vous montrerai (un peu) plus de photos... Patience, patience...
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4 commentaires:

  1. C'est con mais avant d'avoir connu ce blog, je n'aurais jamais pensé lire avec grand intérêt un article sur la poterie.
    Merci pour m'avoir ouvert l'esprit. J'ai même envie de m'y mettre (mais soyons sérieux, je suis déjà assez occupé).

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  2. Voilà un article qui appelle notre curiosité et la mienne entre autres !!!
    Non pas que je veuille savoir si tu as essayé de reproduire les conditions du film Ghost pour vérifier si l'inspiration s'en trouvait exaltée...
    Je pense seulement qu'un petit post sur le vocabulaire de cet art pourrait être utile pour les ignares de ma trempe... notamment pour savoir ce qu'est une girelle ou le fait de tournasser.

    Et sinon, ça prend combien de temps à faire 63 petits pots ?

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  3. Oui, Matthieu, tu as raison...
    J'y ai déjà d'ailleurs pensé, mais je n'ai pas encore eu le temps de le rédiger et de le construire...

    Pour répondre à tes 2 questions...

    La girelle, c'est ce le support qui tourne sur le tour.
    Tournasser, c'est un peu plus compliqué à expliquer... Quand la pièce à la consistance du cuir, on retourne la pièce, et on creuse un tout petit peu le fond, pour avoir qqch de plus joli et de plus fini. C'est ce qui fait que les assiettes, quand tu les retourne, repose non pas sur le fond entier, mais sur un petit rebor qui ait toute la circonférence du fond. Je ne sais pas si j'ai été claire... il faudra sans doute que je l'illustre...
    Mais j'avoue... je ne fais que très raremetn le tournassage de mes pièces...

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  4. J'oubliais !
    63 pots... en environ 7 mois, si mes souvenirs sont bons, prototypes compris (pour savoir quelle forme me plaisait le + et quel émail je choisirai ...). C'est aussi pour ça que dans l'article "Mini rétrospective", je n'ai pas mis l'année 2007... Trop remplie par mes petits pots :-)

    Les 63 pots, ça a aussi été très formateur. J'ai pu ainsi beaucoup mieux sentir comment centrer la terre. Car, tout est question de sensation...

    Je pense que, si c'était à refaire, je mettrai un peu moins de temps pour les réaliser.

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